De nos jours, tout le monde ou presque appréhende correctement la notion de Risques ­Psychosociaux (RPS). En revanche, le concept de Qualité de Vie au Travail (QVT) apparaît plus nébuleux pour beaucoup. Quelles sont donc les différences entre ces deux notions ?

Rappel

Selon la nomenclature communément admise dressée par le Professeur Michel Gollac, il existe 6 types de facteurs de risques psychosociaux :
●  L’intensité du travail et le temps de travail,
●  Les exigences émotionnelles,
●  Le manque d’autonomie,
●  La mauvaise qualité des rapports sociaux au travail,
●  La souffrance éthique,
●  L’insécurité de la situation de travail.
Ces différents facteurs ne doivent pas être envisagés ­séparément. Comme on le voit, les RPS au sens large se ­rapportent ­directement à des situations de travail.

Concernant les risques psychosociaux, l’employeur a une ­obligation légale en matière de prévention :
Selon les articles L4121 et 4131, l’employeur doit en effet ­veiller à la sécurité et à la protection de la santé de ses ­salariés. Il doit notamment planifier la prévention en y intégrant ­notamment la technique, l’organisation et les conditions de travail, les relations sociales, les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel.

Qualité de Vie au Travail (QVT)

La prise de conscience globale de l’émergence des RPS, de ­l’évolution du travail ainsi que du lien entre performance ­économique et qualité de vie au travail a conduit les partenaires sociaux à intégrer la QVT dans l’ANI du 19 juin 2013 : il s’agit ­d’inciter les entreprises à signer un accord global autour de la ­qualité de vie au travail englobant outre la santé au travail, le contenu du travail, l’employabilité et les relations de travail (thèmes plus liés aux RPS) mais aussi l’égalité des chances ainsi que le partage et la création de valeur.

Le schéma ci-dessous (source Aract) permet de bien illustrer le côté global de la QVT :

QVT

On peut résumer les différences entre RPS et QVT à l’aide du tableau ci-dessous : 

Tableau qvt rps

Des perspectives communes

Pour réduire les RPS et adopter une démarche QVT, Il faut à la fois réparer à court terme ce qui ne va pas (plaintes, accidents, maladies) mais aussi inscrire ces démarches à long terme dans la stratégie de l’entreprise.

De même les actions à mettre en œuvre peuvent relever de la (vraie) prévention (dite primaire), de la gestion (dite secondaire) et de la réparation (dite tertiaire). Ces actions se jouent à 3 niveaux : entreprise, équipe et individu.

Dans la pratique, les plans d’actions RPS ou QVT qui fonctionnent le mieux sont ceux qui combinent court, moyen et long terme


Article corédigé par Thomas Blondel, Ergonome et IPRP, et Sébastien Baccon

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