Alors que les entreprises ont une obligation légale de veiller à la santé et à la sécurité de leurs salariés, en 2015, l’Institut de Veille Sanitaire estimait que la part du burn out représentait environ 7% des 480 000 salariés en souffrance psychologique liée au travail. Un chiffre qui désignait 30 000 personnes1.

 

L’investissement professionnel trop important et trop lourd à porter

Le syndrome d’épuisement professionnel, plus communément appelé « burn out » est de plus en répandu ; dans toutes les branches d’entreprises et dans toutes les catégories socio-professionnelles. En effet, les professions les plus touchées par ce phénomène sont : les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprises et les cadres (respectivement 24%, 20% et 19%). Un constat qui s’explique par un niveau de stress considérable et de nombreux facteurs de RPS dans la vie professionnelle de l’individu.

Source: Technologia avec Datawrapper

 

 

Le burn out est décrit comme « l’écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu’ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la dignité, de l’esprit et de la volonté – une érosion de l’âme humaine. C’est une souffrance qui se renforce progressivement et continûment, aspirant le sujet dans une spirale descendante dont il est difficile de s’extraire... Qu’arrive-t-il lorsque le burnout vous gagne ? En fait, trois événements surviennent : vous vous sentez chroniquement épuisé ; vous devenez cynique et vous détachez de votre travail ; et vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre job » (Maslach et Leiter, 1997).

Plus communément, le burn out se traduit par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel » (Schaufeli et Greenglass, 2001).

 

Etre malmené au travail, une situation à risque

En 2012, la souffrance psychique au travail touchait plus de 3% des femmes actives et 1% des hommes actifs. En 2017, 36% des français déclarent avoir déjà fait un burn out ; parmi eux : 39% de femmes et 31% d’hommes2. Le burn out est un syndrome complexe qui, au-delà de l’épuisement professionnel, se caractérise par un « processus de dégradation du rapport subjectif au travail » (Christina Maslach). Trois caractéristiques permettent alors d’identifier ce processus :

  • L’épuisement émotionnel : il est lié à une fatigue psychique et physique elles-mêmes dues à l’exposition continue de facteurs de risques psychosociaux très prégnants ;
  • Le cynisme : l’individu s’éloigne progressivement de la structure dans laquelle il évolue, il se détache de son travail et son attitude devant négative, dure et détachée. Ce phénomène de protection individuelle le pousse à ériger une barrière entre lui et les autres. C’est cette même barrière qui induit le cynisme dont il fait preuve face à son travail, ses collègues, clients, patients et parfois même, son entourage ;
  •          La diminution de l’accomplissement personnel au travail : l’individu se dévalorise, il a l’impression d’être totalement inefficace dans son travail et de ne plus être à la hauteur du poste. Il se sent dans une impasse et se renferme d’autant plus.

Naturellement, des symptômes accompagnent cet état d’épuisement professionnel. Toutefois, ils ne sont pas exclusifs au phénomène de burn out et peuvent être aussi présents dans des situations de stress, chronique ou ponctuel :

  •      Des manifestations émotionnelles : l’individu se sent épuisé et entraine un sentiment de perte de contrôle sur sa vie et son environnement. Cette perte de contrôle se manifeste par des peurs mal définies, une irritabilité certaine et une tension nerveuse très élevée. Son humeur est triste et changeante et l’individu à une tendance à l’hypersensibilité ou à l’inverse, à un manque d’émotions ;
  •        Des manifestations physiques : elles sont très fréquentes. Elles peuvent être ressenties par : des troubles du sommeil, une fatigue chronique, des tensions musculaires ainsi que des douleurs rachidiennes (dos et nuque), des maux de tête, des nausées et des vertiges ;
  •         Des manifestations cognitives : les capacités de traitement de l’information sont altérées. On constate une diminution de la concentration, des difficultés à réaliser plusieurs taches à la fois, une tendance à commettre des erreurs mineurs, des fautes et des oublis ou encore à prendre des décisions ;
  •         Manifestations comportementales ou interpersonnelles : l’individu se repli sur soi, il s’isole et peut adopter un comportement agressif ou violent. Ces réactions s’expliquent par une intolérance soudaine à la frustration et à une baisse de l’empathie. Il est hostile à l’égard des personnes qu’il côtoie dans son travail et peut développer des comportements addictifs ;
  •     Manifestations motivationnelles ou liées à l’attitude : désengagement progressif de son travail, baisse de motivation et moral en berne. Sentiment d’être pris au piège et dévalorisation.

Bien sûr et bien que certains individus peuvent éprouver une sensibilité particulière, le mal-être récurrent des salariés dans leur entreprise révèle un dysfonctionnement de l’organisation de celle-ci. Aussi, cet indicateur doit donner à l’entreprise les moyens nécessaires afin de détecter une organisation du travail ou des pratiques managériales trop radicales. Il s’agira donc pour l’entreprise de prévenir les risques psychiques au niveau collectif et pas seulement au niveau individuel.

Pour en savoir plus sur les idées reçues liées au burn out, découvrez l’analyse du cabinet Eléas : ici

 

1 Khireddine I, Lemaître A, Homère J, Plaine J, Garras L, Riol MC, et al (Groupe MCP 2012). ”La souffrance psychique en lien avec le travail chez les salariés actifs en France entre 2007 et 2012, à partir du programme MCP”. Bull Epidémiol Hebd. 2015;(23):431-8

2 Enquête « Parlons travail », CFDT, 200 000 répondants, mars 2017


Article rédigé par

Aurélie Methion, Responsable Communication

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