Dans les entreprises publiques et privées, particulièrement exposées, les conséquences individuelles et relationnelles des agressions répétées commencent à faire l’objet d’analyses approfondies.

Les effets des angoisses accumulées pour cause de « silence », font cependant de plus en plus de bruit : absentéisme, désinvestissement, perturbations communicationnelles, baisse de la qualité des prestations, découragement, déresponsabilisation collective, conflits…

Ces personnels peuvent aujourd’hui être alors pris en charge par des intervenants formés pour les aider à traverser une période de turbulence émotionnelle après « le choc ».

Le traumatisme ou le choc

Les personnes agressées ont été confrontées à un événement qui a produit une peur intense, de l’effroi, un sentiment d’impuissance. Ce choc est caractérisé par sa brutalité, sa soudaineté. Les repères habituels, les croyances, les valeurs qui fondent la confiance, sont ébranlés, d’un seul coup inexistants, sans plus de fondement.

Ce traumatisme est perçu par l’individu comme une menace pour son intégrité physique ou celle d’autrui. L’état de choc après 72 h prend la forme d’un stress aigu avec un certain nombre de réactions avec des manifestations physiologiques, émotionnelles et des perturbations des processus de la pensée. Quand un stress aigu dure plus d’un mois - si le sujet n’est pas traité comme il se doit ou s’il est particulièrement vulnérable – le stress aigu tend à se chroniciser et devenir Etat de Stress Post-Traumatique (ESPT).

L’État de Stress Post-Traumatique est un trouble anxieux majeur : il est invalidant et compromet gravement la santé physique et mentale des personnels concernés.

Pourquoi et comment une aide psychologique précoce ?

  •  Les premiers instants après une agression de forte intensité sont caractérisés par l’envahissement de perceptions « catastrophiques » couplées avec des sensations d’inquiétude et d’angoisses indicibles ;
  • Après tout événement « sur-stressant », les sujets réagiront par une inhibition paralysante ou au contraire une agitation anxieuse désordonnée. Ces réactions peuvent durer quelques heures ou quelques jours. Une amnésie partielle de ce qui vient d’arriver est parfois observée.

Les premiers contacts auront pour but :

  • de répondre aux besoins primaires, en phase avec les autres intervenants internes et externes;
  • de donner de la chaleur, un contact qui rassure, une solidarité qui réconforte, une présence qui resserre le lien social, qui restaure le sentiment d’humanité permettant plus tard de relativiser l’événement traumatique.
  • d’offrir les meilleures conditions de détente physique et psychologique par une présence tranquille ; cette présence, au moment d’une tragique solitude, est protectrice et d’autant plus nécessaire que le sujet à la révélation brutale de sa fragilité et de son impuissance ;

Importance de l’écoute

L’intervention « post-immédiate » sera suivie, durant les 72 h dans l’idéal jusqu’à une semaine, qui suivent l’agression, d’attention, de disponibilité et d’écoute toutes particulières.
Le ou les premiers entretiens sont imprégnés d’émotions souvent inhibitrices (qui bloquent l’action et l’expression) : colère, honte, culpabilité, indécision …
Le professionnel à l’écoute sera alors présent pour apporter :

  • une proximité chaleureuse qui réconforte et empêche d’éventuelles reviviscences de sentiment d’abandon.
  • une compréhension favorisant la communication, la confidence et l’intégration de ce qui a été oublié, qui aurait pu rester étouffé, détaché de la conscience ;
  • les conditions pour que la colère ne soit pas refoulée, facteur de dépression, d’anxiété ou d’irritabilité ;
  • un espace d’accueil et de sécurité où l’on peut parler sans peur, sans crainte du jugement, de l’incompréhension, du rejet ;

Cette écoute « psychologique » permettra à la personne de se repositionner vis-à-vis d’elle-même, de sa famille, de la société et de sa communauté professionnelle. Elle pourra « resituer l'événement traumatique dans l'ensemble de son économie psychique ».

L’entretien psychologique suite à un traumatisme n’est pas une discussion à bâtons rompus. Les affects bloqués pourront émerger pour que le sujet puisse « les voir en face » sans trop d’appréhension ou d’angoisse et ceci au rythme de chacun, selon sa personnalité plus ou moins introvertie ou extravertie.

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